Didier Reinach

Pour créer de la valeur !

Archivé juin, 2007

La différence entre créatif et créateur.

Il convient ici de faire une distinction. Pour bien comprendre la créativité qui nous habite je vous propose de partager une de mes convictions.

La différence entre les créateurs et les créatifs est pour moi un des préalables à la compréhension de qui nous sommes, de comment nous fonctionnons et du comment se développer.

Le créateur est de mon point de vue la personne qui a une idée et qui la réalise. C’est aussi celui qui est capable de porter l’idée d’une autre personne et de la concrétiser.

Le créatif, pour moi, est quelqu’un qui a des idées, mais bien souvent seulement des idées. Il les ébauche, les effleure, les caresse, les projette, les explique mais il n’est pas forcément dans leur réalisation de A à Z. Il s’arrêtera avant la fin, parfois pour repartir sur des idées nouvelles ou simplement content de son idée.

Imaginons deux personnes assises sur le bord de leur balcon. L’une et l’autre imaginent un décor en bois avec des formes, des couleurs, une certaine dimension, un certain confort. L’une va se renseigner sur les matériaux, les possibilités, le prix, le faire ou le faire faire. Elle va apprendre, rencontrer, questionner, échanger. En final elle pourra faire un choix, renoncer, sous-traiter, ou le faire elle-même en y trouvant du plaisir.

L’autre se dit que se serait sympa, joli, elle en fait les plans, le dessine, l’accroche au dessus de son bureau. Elle reste dans son rêve. L’une passe à l’action, l’autre reste dans son imagination.

L’une est un créateur, l’autre est créatif. L’une a pratiqué les bases de la pédagogie de la créativité et à se titre elle entretien ses facultés de créativité, l’autre n’entretient que ses facultés d’imagination.

Toutes les deux ont définis un projet et seulement l’une des deux personnes construit son projet ou s’implique.

L’un des principes de base pour être créateur est la rencontre, la confrontation, le questionnement suivi de l’action cohérente avec le projet. La rencontre et la confrontation renforcent, enrichissent les convictions, font grandir les personnes. Selon Socrate la confrontation, la rencontre est l’art de l’idéation.

N’en est-il pas ainsi quand on parle d’amour ? il y a ceux qui rencontrent l’autre, les autres et qui finissent pas tomber en amour par créer une famille, des enfants… et ceux qui rêvent qu’un jour ils rencontreront l’autre idéal ! Comme disait l’un de mes maîtres et mentors, Claude Roederer, lorsque je préparais mon concours d’entrée à l’école Camondo à Paris : « entre le créateur et le créatif il y a la même différence qu’entre la branlette et la copulation… »

Parmi les êtres humains beaucoup rêvent de leur futur métier, d’un avenir à leur mesure. Combien sont allés rencontrer des professionnels de ce métier ? Combien ont osé se confronter ou confronter leur rêve ?

Un artiste se confronte avec sa matière et son public.

Un musicien est confronté à la technicité de la partition, du solfège, de l’instrument pour en final se confronter à son public.

Un peintre devra également savoir manier les produits, les couleurs, les pinceaux, la toile et accoucher de son imagination. Le tout est confrontant et confronté avec des sanctions positives comme difficiles.

L’entreprise, dont les activités reposent à l’origine sur une idée, une vision, un projet, une mission, doit se confronter à la réalité des procédures, à la logique de la finance, aux besoins de ses clients. L’ensemble de la production sera confronté aux réalités du marché. De cet ensemble, si l’échange et la confrontation sont menés positivement, si l’écoute, l’acceptation, la compréhension, l’humilité sont des compétences présentes, alors naîtront d’autres idées qui viendront enrichir les hommes, les femmes et donc l’entreprise et le travail.

La confrontation est nécessaire pour être en créativité. C’est un outil de mesure qui fait parfois appel à l’humilité, à l’acceptation des différences, à l’échange, à la logique de la rencontre avec l’autre. C’est l’acceptation, la capacité à être évalué, si ce n’est jugé, parfois élu, parfois rejeté.

Construire sa terrasse, changer sa peinture du salon, créer une chemise nouvelle, réaliser un scrapbook, un encadrement, créer un nouveau moteur, ouvrir un restaurant, fabriquer un avion, être médecin, avocat, notaire, comptable, être créateur de produits, de services, pour soi-même ou dans le cadre d’une entreprise, c’est bien oser se confronter à la réalité de notre environnement et à notre propre réalité. C’est oser confronter ce que nous sommes, ce que nous savons, ce que nous faisons.

Dans cette approche il y des créateurs qui confrontent, se confrontent et construisent et des créatifs qui au sein de ces projets, de ses métiers produisent des idées et laissent ou non le soin à d’autres de les matérialiser. Chacun a sa place, elle est respectable.

L’histoire est pleine d’exemples qui illustrent mes propos. Combien d’entre nous ont retrouvé dans leur grenier ou leur cave, des tableaux, des inventions, des poésies, des recherches parfois géniales faites par nos aînés ? Combien d’idées circulent à travers le monde qui ne seront jamais réalisées ?

Combien d’entreprises fondées avec des idées géniales se sont véritablement construites avec d’autres dirigeants que les créateurs du début ?

Combien de brevets et d’inventions, d’idées sont exploitées par des créateurs, des gestionnaires sans relation avec les inventeurs ?

Combien de fois nous sommes nous levés le matin ou couché le soir avec la tête pleine d’idées qui ne verront jamais le jour !

L’idée de changer sa douche, l’idée de bouger les meubles de place pour un meilleur confort, l’idée de faire un repas avec des amis pour créer un instant d’émotion et d’amitié, l’idée d’appeler un ou une amie pour créer un échange, créer un souvenir ! Tous ces exemples sont des idées, des créations quotidiennes que nous faisons consciemment ou non, qui parfois voient le jour, parfois restent lettre morte.

Mots essentiels à retenir de ce chapitre : Vision – Projet – Oser- Rêve – Conviction - Confrontation.

Didier Reinach - 514 349 9685 - www.reinach.net

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Créateurs et Financiers… amoures impossibles ou couple maudit

Chocs sociaux, mondialisation, produits dangereux, comptes d’entreprises bidons, menteries et cachotteries. Pendant ce temps “on” nous parle d’éthique, on nous fait des promesses qui n’engagent que ceux et celles qui les écoutent. Bref, de dégringolade en déconfiture, y-a-t-il encore de l’essence, de l’esprit, de la créativité au milieu de tout cela ? Mais où se trouve donc le processus créatif ? Celui qui apporte de la plus value, de la marge, des marchés, de l’image, de la notoriété… mais aussi de la reconnaissance, de la santé pour les individus et les organisations ? Vous avez envie de créer, vous, au milieu de tous ces imbroglios ? Je rentre chez moi, je me mets sous la couette, j’espère que demain j’aurai encore mon boulot, que startrek passera toujours à télé et que ma pizza sera toujours au fromage ! Simpliste ? Quelles organisations offrent à leurs collaborateurs la possibilité de participer, de créer, de développer des convictions, de la cohérence, mais aussi de la performance pérenne ? Et pourtant !

Le processus créatif essentiel à la réussite de chacun et de tous est facile à mettre en œuvre. Qu’est ce que la créativité ? Quoiqu’en disent certains financiers, c’est une action terriblement concrète, une œuvre de Picasso, de Mozart, une méthode, un produit… quoi de plus évident comme acte créatif ? C’est l’alliance des compétences techniques et de l’imaginaire, du savoir et de l’intuition… ou tout simplement de la logique avec l’esthétique. Les capacités du cerveau sont infinies et même exponentielles. Lorsque Steve Job créé APPLE son intuition et son savoir le guide vers un succès… mais le manque de rigueur administrative et financières mettent l’entreprise en péril. Lorsque John Sculey reprend la direction, sa logique et son sens de l’organisation vont permettre de sauver momentanément APPLE.

Mais les problèmes reviennent… Nous retrouvons là les deux expressions majeures des hémisphères gauches et droits de notre cerveau et nous voyons bien que l’alliance des deux est une source de réussites financières… d’ailleurs après maints essais, Steve Jobs revient et réinsuffle de la créativité… nous connaissons la suite. Qu’en est-il de marques comme Chanel, Dior ? Les entreprises citées sont nées sur la personnalité de leurs patrons, sur la créativité, l’expérience technique d’un métier, sur le charisme. Ces hommes et ces femmes ont été porteurs d’une culture, d’une ambiance, d’une image, d’une notoriété. Les entreprises ont suivi, elles sont parfois centenaires et continuent à rapporter des millions de dollars. Mais il en va de même dans l’industrie. Quand les Européens lancent AIRBUS, qui y croyaient ? Mais aussi Sony, Honda, et bien d’autres après des échecs, ont compris ce fameux processus créatif, cette nécessité de manager la cohérence entre la culture, la communication, le management et le marché.

Les créateurs et les financiers sont-ils condamnés à vivre comme un couple maudit ? Les financiers pensent souvent que la seule gestion suffit. Pour autant il n’y a pas de finance s’il n’y a pas de flux… Il n’y a pas de flux s’il n’y a pas d’argent en circulation… il n’y a pas d’argent en circulation s’il n’y a pas de produits ou services vendables…. Et il n’y a pas de produits ou services vendables qui ne furent créés un jour… Nous en revenons donc à la source, la créativité est à l’origine des flux financiers… l’adéquation est donc simple, un grand financier c’est bel et bien quelqu’un qui sait faire pousser les idées et qui sait les exploiter.

L’exercice n’est pas simple, peut-on être en même temps créatif et financier… Mais non ! acceptons nos différences comme des richesses complémentaires… que le créatif embauche un financier en faisant appel à un “messager” un intermédiaire chargé de garantir la bonne entente du couple… Que le financier accepte les créatifs comme un investissement à défaut d’un coût ! Mais ici c’est encore plus simple… les entreprises sont pleines de collaborateurs créatifs et performants. Il suffit alors d’investir de façon stratégique dans les ressources humaines… et la performance se multiplie.

Qu’est-ce qu’un acte créatif ? Dans l’entreprise, cela peut-être simplement un changement de bureau, faire attention aux autres, changer de lieu de réunion, demander l’avis de certains, avoir des gestes différents, re-qualifier la relation client, embaucher des moutons à 5 pattes, rechercher le talent avant le diplôme. Oser autrement mais simplement, privilégier les actions faciles et peu chères. Pas de grands chantiers, pas de mégalomanie hystérique… faire simple, jouer sur des détails, gérer l’évolution du contexte de l’entreprise, des mentalités. Peut-être introduire de l’humour quand il y a trop de rigueur, éventuellement mettre de l’émotion dans les chiffres, appeler à la joie dans les succès, expliquer ses victoires et les reproduire, accepter ses échecs et oser en faire une histoire drôle, néanmoins sanctionner mais avec le sourire…et récompenser avec vigueur. Tout cela vous semble fou ? Non c’est simplement humain et la matière grise qui transforme la vie en rose est avant tout humaine. La créativité végète à tous les étages de l’entreprise privée et publique.

L’être humain est un formidable creuset de créativité. La créativité est la force, la réussite, la dynamique d’une organisation. Le processus créatif est même utilisé en médecine dans certaines pathologies. Face aux transformations actuelles, aux secousses médiatiques, la créativité intelligente, concrète, pragmatique est le ciment d’une nouvelle expansion. Alors restez simples, soyez créatifs

Didier Reinach - 514 349 9685 - www.reinach.net

Article paru le 05 sept. 2002

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De la valeur des mots à la valeur des maux

Gérer l’évolution pour accomplir le changement plutôt que gérer le changement pour imposer l’évolution… S’il en est un qui provoque la panique et bien des maux, c’est le mot changement ! Certes me direz-vous, dans un monde où les deux tiers de la population change de conjoint comme de chemise, change de voiture et de maison au gré des aléas, on pourrait croire que le mot changement ne représente rien… Un changement décidé, volontaire, peut-être aussi bien une fuite en avant, un refus de faire face, un refus d’évoluer et de s’adapter… ou un véritable acte volontaire, pour vivre autrement ou également pour survivre !!! En entreprise le mot changement évoque bien souvent une rupture, rupture avec l’entreprise parfois, mais également rupture avec le passé, les habitudes… Gérer le changement peut-il se remplacer par : gérer la rupture ? Peut-être les choses seraient plus simples si nous remplacions le mot changement par le mot évolution.

L’être humain passe son temps à évoluer de façon consciente ou inconsciente, que cela soit subit ou décidé. Gérer l’évolution dans une entreprise, cela permet d’éviter le choc du changement et donc… de créer des ruptures. Du mot changement au mot évolution, il y a tout un concept, une culture, des comportements qui permettent à l’entreprise de croître très efficacement. Lors des changements technologiques, de l’implantation de nouveaux logiciels, de révisions de procédures, de traitement de nouveaux clients, les évolutions sont obligatoires. Ces évolutions ne sont pas seulement technologiques, elles sont mentales, psychologiques, comportementales… Or !!! C’est à ce moment qu’on rencontre les blocages, les erreurs, c’est souvent là qu’on manipule les chiffres, soit pour imposer, passer en force ou bloquer, empêcher ce fameux changement ! C’est aussi à cet instant que naissent les conflits, les tensions, les stress et donc les congés de maladie, l’absentéisme, les annulations de rencontre, la baisse de productivité, les erreurs…

Alors que de temps perdu, de paroles inutiles, de dollars gâchés… Avez-vous une seule fois calculé combien coûte les freins à l’évolution de votre entreprise ? Les freins dus au refus du changement, à la peur, au manque de confiance… à cause d’un mot ! Prenez le salaire journalier des personnes impliquées et multipliez-le par deux puis par le nombre de journées perdues. Ajoutez-y 30% de la masse salariale du département qui a subi les freins et qui a perdu de sa performance à cause de cette situation. Prenez en compte, s’il y a lieu, les conséquences directes et indirectes sur les autres départements. Ajoutez-y tous les manques à gagner. Si la technologie est censée vous faire faire des économies mesurées, chiffrées, et à cette seule condition, additionnez les économies que vous auriez pu faire si vous aviez été dans les temps (économies journalières + temps perdu).

D’expérience d’Expert, je constate en général, que d’avoir négligé de gérer l’évolution, ne pas l’avoir préparée, accompagnée pédagogiquement ces fameux « changements », on multiplie par 2 à 3 fois l’investissement de base. Le patron veut que cela change, les employés veulent évoluer et pour autant personne ne se comprend… Ne nous trompons pas, gérer le changement technologique ou non est une histoire d’hommes et de femmes, ceux qui prétendent gérer le changement en changeant les machines et les procédures sont les mêmes qui pensent que l’argent pousse dans les banques au lieu d’être le fruit du travail ! Il est donc grand temps de gérer l’évolution pour accomplir le changement… Didier Reinach Conseil Créativité et Développement d’Entreprises didier@reinach.net / (514)349-9685 Auteur du livre “Les fabuleuses richesses économiques du cerveau” Editions Emergence (Montréal)

Paru le 07 févr. 2003 sur la toile des recruteurs

Didier Reinach - 514 349 9685 - www.reinach.net

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CRÉATIVITÉ ET CULTURE GÉNÉRALE

La culture générale, la connaissance de l’histoire de notre monde, la littérature, la réflexion philosophie, tous ces thèmes sont-ils, entre autres, nécessaires pour que les personnes deviennent créatives et créatrices ?

L’évolution des organisations, la gestion des employés, la vision stratégique, les valeurs socio-économiques dépendent-elles de compétences culturelles, de connaissances philosophiques ?

Qu’est-ce qui fait que certaines personnes disposent d’un charisme, d’une dynamique et savent le transmettre à leurs équipes avec passion ?

Quand un VP plein d’énergie ne trouve pas ses mots pour mobiliser ses troupes, quand une directrice marketing n’a pas la culture générale nécessaire pour se positionner dans un marché haut de gamme, quand des employés n’ont plus que des gestes violents en l’absence des mots pour exprimer leur stress et leurs angoisses….?

Peut-on se poser la question du problème de la culture générale ?

Didier Reinach - 514 349 9685 - www.reinach.net

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